Ports du littoral : des digues à reconstruire
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Languedoc-Roussillon. La tempête d’une exceptionnelle violence a gravement endommagé digues et pontons. Les procédures de catastrophes naturelles sont lancées. Un article de La Dépêche.fr du 30/12/2008

Les relevés du houlographe du laboratoire Arago de Banyuls-Sur-Mer, donnent la pleine mesure de la tempête exceptionnelle qui a frappé le littoral du Roussillon et de la Costa Brava. Entre 13 heures et 17 heures vendredi, les vagues atteignaient 7,20 mètres avec des pics exceptionnels à 14 mètres. Soit un immeuble de trois étages. « Après 17 heures, on ne sait plus puisque le houlographe a arrêté d’enregistrer. Or, c’est pendant la nuit que la tempête a été plus violente. C’était un mur d’eau qui arrivait toutes les trente secondes sur notre port. Et encore, ce sont les équipements portuaires qui ont protégé Banyuls. Sinon, il n’y aurait plus de front de mer », explique Gilles Bruzy, le directeur du port qui tente de faire face à la catastrophe. Sur la digue qui protégeait les 400 anneaux, des blocs de béton se sont désolidarisés.

Gros dégâts dans le port de Banyuls, dans les Pyrénées-Orientales. Photo PQR
« Les pontons eux-mêmes menacent de s’effondrer. On ne peut même plus amarrer les bateaux. Nous ne savons pas comment nous allons pouvoir repartir » poursuit-il en préparant le dossier de catastrophe naturelle alors que sept embarcations ont coulé ici. À Cerbère, le brise-lames n’a pas belle figure. Il a été réduit de moitié en hauteur et de 70 % en longueur. Les blocs de rocher de plusieurs tonnes ont été dispersés. L’un d’entre eux est venu s’encastrer contre la grue de levage qui permet la manutention des pontons pour les mouillages forains de l’été. Et forcément, Jean Claude Portella, le maire s’inquiète. « Cette digue protège notre ville des incursions maritimes. Sans cette protection, nous allons passer un très mauvais hiver, à la merci des coups de vent et des tempêtes », explique-t-il en refaisant l’historique du bouclier de pierres : construction en 1971, destruction par la mer en 95, puis reconstruction. Et renforcement en 2003. « La commune n’a pas encore fini de payer les traites de ce dernier chantier. Et pour la reconstruire c’est plus d’un million d’euros » calcule-t-il. Même si les autres ports n’ont pas été martyrisés avec la même violence, tous ont souffert. À Collioure, la jetée en arc de cercle a bougé. Elle est fissurée. « À Saint Cyprien, la digue sud a souffert. Elle est déstabilisée et la mer a déposé un banc de sable dans la passe. Comme à Barcarès » explique encore Serge Pallarès le directeur du port de Saint Cyprien.
Un plan Marshall pour le littoral ?
À Saint-Cyprien, le directeur Serge Pallarès réclame un plan Marshall pour le littoral roussillonnais dévasté. « Sinon, c’est toute l’économie touristique qui va être sacrifiée » poursuit-il. Car les vagues ont aussi sérieusement dégraissé les plages : entre 40 et 50 % à Sainte- Marie- la -Mer, dégâts encore à Canet et Argelès-sur-Mer avec la nécessité de ramener au littoral le sable stocké dans la bande des 300 mètres. C’est ce chantier que viendra évaluer Dominique Bussereau, le secrétaire d’État aux Transports dans le courant du mois de janvier. En espérant la mansuétude hivernale de la Méditerranée.
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