Océans - La pêche pourrait disparaitre dans dix ans
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Une sonnette d’alarme qui n’en finit plus d’être tirée, Une fois encore, la détérioration des fonds marins inquiète les plus grands spécialistes mondiaux - Un article publié sur France-Soir du 27 mars 2009.

Pour le biologiste marin Daniel Pauly, la pêche industrielle doit se raisonner si elle ne veut pas faire des océans des déserts aquatiques. Photo Sipa
La détérioration des fonds marins affole les scientifiques. Selon eux, la pêche pourrait disparaitre d’ici dix ans si la situation ne s’améliore pas.
C’est une sonnette d’alarme qui n’en finit plus d’être tirée. Une fois encore, la détérioration des fonds marins inquiète les plus grands spécialistes mondiaux. C’est aujourd’hui au tour du biologiste marin français Daniel Pauly de dénoncer vigoureusement les ravages de la pollution et de la surpêche sur les fonds. « Beaucoup d’entre eux ressemblent aujourd’hui à des zones industrielles délabrées », a-t-il confié, s’inquiétant de la rapidité avec laquelle la dégradation se produit. Selon lui, « les Etats n’ont plus que dix ans » pour renverser la balance.
Le Français, directeur du Fisheries Centre de l’université de Vancouver (Canada), regrette également le manque d’information diffusée auprès de l’opinion publique sur ce sujet : « Les émissions sur la nature nous montrent toujours une mer belle, avec des poissons en abondance. Résultat, les gens nous disent “De quoi parlez-vous ?” quand on leur dit que la mer se casse la gueule. »
Daniel Pauly est le premier à avoir dénoncé l’inquiétante baisse mondiale des stocks de poissons. Si au début une partie des scientifiques le percevait comme trop activiste et catastrophiste, son diagnostic est aujourd’hui largement partagé et ses travaux font référence.
8 % des ressources épuisées
Près de 19 % des stocks de la pêche marine commerciale étudiés sont surexploités, et 8 % épuisés, précise dans son dernier rapport l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La surexploitation guette la moitié des autres stocks. Or, une fois qu’on a épuisé un stock, « la situation est souvent irréversible », note Philippe Cury, directeur du Centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale (CRH). Daniel Pauly reproche enfin aux responsables politiques des pays dits développés de ne pas saisir la nature du problème : « Nos dirigeants n’arrivent pas à comprendre qu’encourager l’effort de pêche contribue à en diminuer les apports. »
En accusation, les subventions versées aux professionnels – 34 milliards d’euros en 2000, selon ses calculs –aboutissant à vider les océans. Une surpêche, principalement pratiquée par les Européens, Nord-Américains, Chinois et Japonais, qui menace les populations du Sud qui dépendent du poisson pour leurs apports alimentaires. Daniel Pauly prône donc un geste citoyen, appelant les électeurs à ne pas voter pour un parti ou un député qui subventionnera la pêche industrielle. Un vœu pieu, sans doute .
Romain Katchadourian, FranceSoir le vendredi 27 mars 2009
Source documentaire
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