La jetée ouest de Calais
Par Chtipecheur le jeudi 03 septembre 2009, 08:21 - Pêche du bord de mer - Lien permanent
La plage de Calais et sa jetée ouest. Située en bout de digue, elle sépare la plage du port. Ses 460 mètres se jettent dans les vagues et offrent une vue imprenable. Les promeneurs ne s’y trompent pas et se ruent sur la jetée ouest aux premiers rayons de soleil. Pour flâner au-dessus des flots, mais surtout pour observer le va-et-vient incessant des ferries. La jetée en elle-même est toute de bois vêtue. À gauche, la plage de Calais et ses chalets typiques. la Voix du Nord du 7 juin 2009, un article de MÉLANIE HOCHART.

À droite, le port et ses ferries. Partout, le cri des mouettes, le bercement des vagues et l’odeur du poisson. Et la dalle musoir, clou du spectacle. Toute ronde, elle supporte le phare. On se retrouve à quelques mètres d’un ferry, les passagers nous saluent. On n’entend plus les voitures qui circulent sur la digue. « On ne respire pas pareil ici », sourit Bernard, les yeux tournés vers la Manche. Ce Calaisien est un habitué des lieux. « Ah oui, je viens au minimum une fois par semaine ! »
Quand on lui demande pourquoi, il lance : « J’adore la mer. On peut venir chaque jour, c’est toujours différent. » Mais Bernard a été privé de sa jetée fétiche pendant 18 mois : elle a été entièrement rénovée. Fermée en novembre 2007, elle n’est rouverte au public que depuis fin février. Fini le béton ravagé du début du siècle. Place à un bois exotique. Et elle en avait bien besoin, de cette cure de jouvence. Sa construction s’était achevée au début 1921. Les travaux de transformation avaient débuté en 1912 mais ont été stoppés par la guerre. Il a fallu changer la structure, passer du bois au béton. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le bois en provenance du Cameroun a remplacé le béton, ravagé par le sel marin.
Le paradis des pêcheurs

Promeneurs et pêcheurs se côtoient, tandis qu’un ferry prend la mer pour Douvres. PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET - La Voix du Nord||Promeneurs et pêcheurs se côtoient, tandis qu’un ferry prend la mer pour Douvres. PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET - La Voix du Nord
À l’entrée de la jetée, plus possible de se coincer les orteils dans les pavés irréguliers. Aujourd’hui, c’est sur une surface plane que les badauds déambulent.
« C’est vrai qu’elle n’était pas de première jeunesse ! », confirme Bernard. L’habitué est content du résultat. « C’est plus large qu’avant, et en plus c’est beau ! » Et à la tombée de la nuit, des spots fichés dans le bois laissent échapper une lumière bleutée. Mais la jetée est aussi le lieu de prédilection des pêcheurs. À tout moment de la journée, ils font le pied de grue, droit dans leurs bottes, et taquinent le poisson. Eux aussi sont ravis. « Même si pour nous ça ne change pas grand-chose, l’eau c’est toujours la même ! », rigole l’un d’eux. Ils se sont engagés à respecter la jetée. Leurs cannes, ils les font tenir avec des élastiques. Tout en taquinant le bar, Jean-Pierre et Michel bougonnent : « Certains pêcheurs ne font pas attention. Nous, si on vient à la pêche c’est pas pour embêter les promeneurs. » Mais chacun cohabite, les taquineurs de merlan font partie du paysage. « Les gens nous aiment bien », reconnaissent les deux acolytes. Bernard, le promeneur tranquille, hoche la tête : « Ici, c’est tout un monde. On ne se lasse jamais. »