Pêche de loisir : les amateurs sont furieux
Par Chtipecheur le vendredi 31 juillet 2009, 10:25 - Impressions et revues de presse - Lien permanent
Une nouvelle loi menace la pêche de loisirs. Les amateurs sont désormais soumis aux mêmes contraintes que les professionnels. Et ils ne sont pas contents du tout. Un article publié en juillet 2009 dans la manche Libre.

Juillet 2009
Sensiblement moins nombreux que les pêcheurs à pied, en Basse-Normandie et dans la Manche en particulier, les pratiquants de la pêche de loisir en bateau, représentent malgré tout dans ce département une cohorte de quelque 4 à 5 000 passionnés. Adeptes réguliers ou occasionnels de cette activité, ils se demandent aujourd’hui s’il ne devront pas l’abandonner. Les raisons ? Jean Lepigouchet, président du comité 50 de la pêche maritime de loisir, les connaît fort bien. ‘Contrairement à ce que nous souhaitions, parce que nous trouvions cela injustifié au regard de nos prélèvements, des quotas ont été instaurés pour les pêcheurs-plaisanciers. Ceux qui concernent directement les départements bas-normands portent sur la sole, la plie et le cabillaud.
Quota ridicule
Ces quotas sont de dix poissons par bateau et par jour. Une quantité qui monte à douze poissons lorsqu’il y a plus de deux personnes à bord du bateau. Notre volonté était que ce quota de poissons soit défini par personne et non par bateau
, fait observer Jean Lepigouchet.
Pour celui-ci en effet, comme pour la Fédération nationale des pêcheurs plaisanciers et sportifs de France (FNPPSF), le quota imposé apparaît ridicule. D’autant que les quantités de poissons capturées par les pêcheurs amateurs ne représentent que 1 à 2% de celles prélevées par les professionnels. Ce que reconnaît d’ailleurs l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), pour qui le prélèvement des pêcheurs amateurs est ridiculement faible
.
Mais les raisons de mécontentement de ces derniers ne s’arrêtent pas là. Le 4 juin dernier, la direction interrégionale des Affaires maritimes du Havre a publié un arrêté qui concerne la lutte contre la fraude et le braconnage. Pour cela, il est question de marquer le poisson pêché par section d’une nageoire caudale. Mais que faire quand il s’agit d’une espèce comme la raie qui n’en possède pas ?
“.
Permis contesté
Ce même arrêté s’intéresse aussi au respect de la taille minimale des captures, en imposant que la mesure de cette taille se fasse sur des poissons entiers. Une pratique que Jean Lepigouchet n’hésite pas à qualifier d’idiote
: pour lui, il serait préférable de laisser les amateurs couper la tête de leurs prises. Un poisson pourrait ne pas avoir la taille voulue une fois sa tête coupée, mais l’aurait avec sa tête.
Dans cette affaire, le président du Comité 50 estime qu’il faut renégocier ces mesures au niveau national. Cependant, la principale pomme de discorde entre les pêcheurs plaisanciers et l’administration reste le projet de celle-ci de créer un permis de pêcher. Alors qu’un bras de fer est en cours entre les deux parties, les plaisanciers, “pas trop optimistes”, constatent qu’un tel projet de permis a été définitivement abandonné en Grande-Bretagne. Pourtant, de ce côté-ci de la Manche, un éventuel permis mer est présenté comme n’ayant aucunement pour but de limiter le nombre des pêcheurs de loisir
.
Il s’agirait plutôt d’en faire un outil de formation à la préservation des ressources et à la sécurité.
Des arguments auxquels les pêcheurs de loisir accordent peu de crédit. Ils soulignent en effet que leur fédération a créé il y a de nombreuses années de cela des règles de mesure et des planches de poissons, coquillages et crustacés intitulées Respectons les tailles
. Ces amateurs, en outre, diffusent sur tout le littoral un Guide des bonnes pratiques
gratuit, destiné à tous les pêcheurs de loisir. Quant au braconnage, il n’est le fait que de quelques pêcheurs tricheurs, issus pour la plupart de la filière professionnelle.
Fabrice Constensoux
