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16 août 2009

Qui dit été, dit grande marée et pêche à pied. Dans l’Ouest, nombreux sont ceux qui profitent des vacances pour partir à la recherche de bulots, coques, crabes et autres étrilles. En famille ou entre amis, bottes aux pieds et épuisette à la main, les joies de l’estran rassembleraient ainsi plus de deux millions de personnes en France. Peut-être en faites-vous partie ?

Avant les très grandes marées du 20 au 23 août, des associations lancent des campagnes de sensibilisation à l’adresse du public. À raison. Selon une enquête de Vivarmor réalisée en 2008, 83 % des pêcheurs à pied ne connaissent pas la réglementation.

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Dans la Manche, comme dans d’autres départements, un comité de suivi piloté par les Affaires maritimes a été créé. Il détaille les catégories de pêche et les prélèvements correspondants : taille, quantité, périodes et outils autorisés. Une récente réunion, à Jullouville (Manche), organisée par l’association Sauvegarde de la Tradition de la pêche à pied en baie du Mont-Saint-Michel (Sautrapec), a mis en avant l’urgente nécessité pour les pêcheurs de loisir de respecter ces règles.

Notre but est d’établir un équilibre entre la nature, la préservation des espèces, les pêcheurs à pied et les professionnels de la mer, explique René Duteil, président de l’association. Si à terme nous ne voulons pas qu’un permis de pêcher soit instauré, il nous faudra être vigilants. À nous de respecter les règlements et de le faire savoir autour de nous. Mais la bonne volonté des pêcheurs amateurs sera-t-elle suffisante pour éviter la mise en place de conditions plus drastiques ?

Grandes marées : plus de contrôles

En décembre 2008, Marcel-Pierre Cléach, sénateur UMP de la Sarthe, a remis au Sénat un rapport intitulé Marée amère : pour une gestion durable de la pêche , fondé sur l’apport de la science à l’évaluation des ressources halieutiques et la gestion des pêches. Pour une espèce comme le bar, la moitié des prises serait le fait de plaisanciers ! Il préconise donc une réglementation beaucoup plus stricte sur les périodes, les engins, les quantités autorisés, en mer comme à pied lors des grandes marées.

Créer un permis de pêche maritime de loisir, soumis à examen, à l’exemple du permis de chasser, s’imposera inévitablement, propose son rapport. Il est nécessaire de prendre conscience que la mer est un bien commun qui doit être préservé au profit de tous.

Si l’inquiétude monte actuellement d’un cran chez les amoureux de la pêche de loisir, qui la considèrent comme une activité estivale et familiale, comment ne pas y voir une volonté de lutter contre les abus, voire les trafics observés, ici et là, et qui pèsent lourd dans le débat.

Certains pêcheurs pratiquent en effet une concurrence déloyale par rapport aux pêcheurs à pied professionnels (au nombre de 350 sur les côtes bas-normandes), explique Guillaume Parade, du comité régional des pêches de Basse-Normandie. Deux garde-jurés ont été mis en place pour contrôler l’activité sur nos côtes. Les pêcheurs loisirs pris en train de revendre leurs produits peuvent être verbalisés. Certains gisements sont classés : les pêcheurs professionnels y fixent les périodes de pêche. En ce moment, aucun de ces gisements n’est ouvert. Et pourtant, on y trouve des pêcheurs amateurs… Quand vigilance rime déjà avec surveillance…

Marie HAUPAIS et Rudy FLOCHIN.

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