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Comment numériser ses photos anciennes ?

Dans cet article, je vous propose de découvrir différentes solutions pour numériser les photos anciennes que ce soit à partir de films au format 135, 126 ou 220 ou encore de simple photo papier.
Comment construire un banc de reproduction numérique de diapositives et de négatifs 24x36mm ? C’est aujourd’hui une longue histoire, faite d’échecs et de réussites. Bref, un projet de longue date qui a enfin pris forme.

Il faut reconnaitre que je ne suis pas à mon coup d’essai car après tant d’années de photographie, les négatifs tout comme les diapos ne se comptent plus. J’étais également passionné par la réalisation de diaporamas. Le projecteur et son écran étaient les éléments principaux; le son pré-enregistré sur bande magnétique permettait d’automatiser le passage des vues. Avec l’arrivée du numérique dans les années 2000, l’envie de tout numériser fut vraiment tentant, puis c’est devenu une quasi obsession. Après plusieurs années de tests et de reprises, j’ai enfin réalisé la numérisation de 80% des images.

La genèse du projet

Première approche : le scanner

Epoque : 2007
Film 135 (24×36) Reflex argentique

Tout à commencer avec l’achat d’un scanner 35mm Plustek Optic film 7200.
Ce scanner était livré avec un kit diapositive, plus précisément avec un support pour y installer 4 diapositives et un second pour y insérer une bande de 6 négatifs 24×36. SilverFast SE est fournie comme logiciel de numérisation.

J’avais scanné une petite centaine de diapositives Kodak et Fuji prises un peu au hasard. Mais il m’apparut très rapidement que le temps nécessaire à la numérisation et la finition des images obtenues s’apparentait à un véritable sacerdoce.
Les scans obtenus étaient d’une bonne netteté mais les défauts de l’émulsion (tâches, rayures, poussières, moisissures) liés à leur conservation rendaient le nettoyage bien trop long, compte tenu du nombre de photographies à numériser.
J’ai donc abandonné l’idée de numériser toutes ces images à l’aide d’un scanner.

Scan brut réalisé avec un Plustek Optic film 7200. et SilverFast SE
Scan brut réalisé avec un Plustek Optic film 7200. et SilverFast SE

Deuxième approche : DSLR et projecteur de diapo

Epoque : 2014
Diapositive 135 (24×36) Reflex argentique
DSLR : Digital Single-Lens Reflex ou appareil photo à objectif interchangeable.
Repro-dia : Banc pour la reproduction de diapositive.

Installation du repro-dia

Utiliser un projecteur pour numériser des diapositives 24×36 mm avec un reflex numérique est une idée que j’ai dégotée sur le blog de Marceline et Julien Coillard (julien.coillard.fr). Le matériel nécessaire est le suivant:

  • Appareil photo numérique : Nikon D60 puis D5300 avec un objectif Nikon 85mm macro.
  • Déclencheur filaire pour appareil photo
  • Un bon trépied photo
  • Projecteur diapo : Zeiss Ikon Perkeo Autofocus S 250s (ampoule de 250 W)

La première étape fut de modifier le projecteur de diapositive. Cette opération « à cœur ouvert » nécessite d’enlever l’objectif talon du projecteur, d’annihiler l’autofocus (avec un fer à souder d’électronicien) et le remplacement de l’ampoule 250 Watt par une ampoule domestique type Led dont on connait sa température de couleur.

Vue de la lampe led installée dans la cage du projecteur diapo.
Vue de la lampe Led installée dans la cage du projecteur diapo.

Le projecteur est posé sur le coin d’une table et l’appareil photo sur son trépied. Le poids du projecteur avec ses pieds de caoutchouc fait qu’il ne glisse pas et reste stable. L’axe optique est aligné au mieux entre la diapositive et l’objectif de l’appareil photo (prendre son temps pour le réglage).
Un carton cylindrique de couleur noir remplace l’objectif talon du projecteur afin d’éviter tout reflet extérieur.

Les diapositives sont installées dans un chariot qui peut en contenir 50. Le passage de vue s’effectue à l’aide de la télécommande du projecteur.

L’auto-focus du Nikon est activé et les options du picture control (ou l’équivalent pour une autre marque) sont au minimum afin de réduire les contrastes et la saturation des couleurs (faire des essais entre standard et neutre). Priorité à l’ouverture réglée à F/8 – 100 ISO et prise de vue en RAW.

La prise de vue est rapide : j’avance le chariot et compte deux secondes pour que le mouvement se stabilise, je déclenche l’appareil photo, nouvel appui sur la télécommande pour l’image suivante et ainsi de suite.
Une télécommande pour le reflex est alors indispensable (sinon l’appareil photo, au fur et à mesure des clichés, bougera et il faudra reprendre le cadrage et l’axe optique).

Banc de reproduction de diapositives 24x36
Banc de reproduction de diapositives 24×36

Résultats des numérisations

Les résultats ne furent pas fantastiques: les images n’étaient pas nettes, du moins pas suffisamment à mon goût. Il est vrai qu’à l’époque, j’utilisais un Nikon D60 avec une résolution de 10 mégapixels.

Le ventilateur que je ne pouvais pas couper sans avoir à décâbler la totalité du circuit électrique génère de légers tremblements perceptibles sur la photo prise à vitesse lente: 1/8ème de seconde à 100 ISO.
En augmentant la puissance de l’ampoule Led, je monte au 1/30ème de seconde à 100 ISO. Mais les blancs sont souvent cramés et les noirs bouchés. Des essais réalisés avec un flash à la place de l’ampoule Led augmente encore le phénomène, bizarre.

L’autre souci est le passage automatique des vues: en effet, la diapo dans son logement se trouve bien trop souvent bancale. Ce problème est lié au jeu existant entre le logement au bout de la glissière et la diapositive. Ce souci m’impose de cadrer plus large pour avoir à chaque changement de vue l’image entière dans le viseur, bancale ou non.

Chaque image devait alors être (parfois fortement) recadrée en post développement. Avec mon boitier Nikon D5300 et ses 24 mégapixels, je pouvais alors cropper un peu plus que le D60 tout en conservant une taille correcte pour les images finales.

Image brute D60 - Dimensions 3872x2592
Image brute D60 (cadrée au mieux) – Dimensions 3872×2592 (~10 Mp) – Recadrée : 3510×2349 (~8Mp)

Epilogue sur le repro-dia

Ce qui est une bonne nouvelle, les taches et les traces sur l’émulsion sont beaucoup moins nombreuses (ou moins visibles) qu’avec le scanner. Ainsi, les images peuvent être nettoyées rapidement avec Photoshop et parfois rien qu’avec l’outil de suppression de Lightroom.

Je suis sur la bonne voie. Afin de résoudre le soucis de vibrations, il faudrait que je trouve d’occasion un projecteur sans ventilateur ou me décider à désosser la partie électrique de mon projecteur. Cette dernière option tient du crève-cœur. Je dispose encore du matériel pour réaliser des projections « à l’ancienne », écran et « bipper » compris.
Le temps passant, je laisse tomber d’autant que cette solution ne me permet pas de numériser les négatifs.

DSLR + banc de numérisation | 24×36 et 28×28

Epoque : hiver 2020
Film 135 (24×36)
Film 126 (28×28) Instamatic Kodak

C’est un peu par hasard que je suis tombé sur la réalisation d’un banc de numérisation qui me permettrait cette fois-ci de copier à la fois les diapositives et les négatifs. Je vous invite à consulter l’article écrit par Steven Heap (www.diyphotography.net) : How to build a DIY 35mm slides and negatives copying machine.
Ci-dessous, la liste globale du matériel qui sera nécessaire :

  • Appareil photo numérique : Nikon D5300 avec un objectif Nikon 85mm macro.
  • Déclencheur filaire pour appareil photo
  • Supports coulissants de diapositives et de film 24×36. Par exemple sur Amazon
  • Plaque d’attache Rapide Universal, 50mm – Exemple Amazon

Il s’agit d’un banc de numérisation sur lequel on vient fixer d’un côté l’appareil photo et de l’autre un « porte glissière 24×36 » fixe, perpendiculaire au socle et parallèle au capteur de l’appareil. Un guide PVC supporte une « glissière coulissante » à diapositives ou à négatifs coupés en bande de 3, 4 ou 6 vues. N’ayant pas à disposition d’outils pour le travail du métal ou du plastique, je réalise le banc de numérisation en bois de récupération

Reprodia complet
Reprodia complet

La diapositive est amenée à vue à l’aide du viseur de l’appareil ou du Live View. Il n’y a pas de butée pour positionner la diapo.

Reprodia sans son cache en carton lumière externe
Re-prodia sans son cache anti-reflet en carton.

DIY – Fabrication du banc de numérisation

On commence par définir la taille du socle. La longueur de la planche de bois est déterminée par tests successifs : distance de mise au point + 20cm (pour supporter un système d’éclairage). Pour donner une idée, le socle mesure 250x550mm, mais je pourrais le réduire d’une vingtaine de centimètres.

2 accessoires indispensables

La fixation de l’appareil photo est assurée par une attache rapide universelle (voir image ci-dessous en exemple)

Plateau Rapide pour Appareil Photo
Attache Rapide Universal ( Exemple Amazon)

Les supports coulissants de diapositives et de bandes de négatifs sont ceux fournis avec mon vieux scanner Plustek mentionné au tout début de cet article. Il est possible de se les procurer dans les magasins spécialisés ou sur les boutiques en ligne.

Le support de diapositives
Le support coulissant de diapositives

Quelques précisions sur le « porte glissière 24×36 »

Mais revenons sur la partie la plus sensible, ce que je nomme le « porte glissière 24×36 ».
Afin de guider le support coulissant de diapositives (ou de négatifs), j’ai trouvé une fine baguette en PVC et en forme de U au rayon quincaillerie d’un magasin de bricolage. Le support coulissant diapo y glisse impeccable, sans jeu.

Mais le plus compliqué fut d’une part de régler la distance de prise de vue et d’autre part de déterminer la hauteur à laquelle doit se trouver la diapositive à photographier. Une fois ces deux points identifiés par essais successifs : percer une ouverture rectangulaire juste un peu moins grande que le cache en carton d’une diapositive; une ouverture qui permettra d’éclairer la diapo ou le négatif par l’arrière.

Fixer le « porte glissière 24×36 » avec 2 boulons, un à chaque extrémité, sur le socle de bois. Les vis traversent verticalement le socle par un trou de forme oblongue autorisant un déplacement d’avant arrière et une légère rotation du « porte glissière 24×36 ». Vous l’aurez compris, ce jeu volontaire permettra de caler finement la distance de mise au point et le parallélisme avec le capteur photo. Bien serrer les boulons.

Porte glissière du reprodia
Une fois fixé, le porte glissière du reprodia doit être parallèle au plan du capteur.

Utilisation et résultats des numérisations

L’éclairage, un choix délicat

L’éclairage des photos peut être réalisé avec un flash comme le propose Steven Heap dans son article mais je trouve, encore une fois, que les noirs sont trop souvent bouchés et les blancs trop souvent cramés.
J’ai ensuite testé avec une lampe de lecture, positionnée à une quinzaine de centimètres de la fenêtre d’éclairage et au travers d’un petit diffuseur que j’ai ajouté après coup, mais la répartition de la lumière n’est pas uniforme et le temps de pose devient trop long à mon goût.

Finalement, c’est avec un petite plaque de lumière à Leds posée derrière le diffuseur que j’obtiens un résultat satisfaisant. Cette plaque lumineuse fournit une température de couleurs de 5600K proche de la lumière naturelle et un flux lumineux de 1000 lumens.

Plaque led 5600K USB 10 Watts
Plaque Led 5600K USB 10 Watts

Le cache anti-reflet

Si vous le pouvez, éteignez les plafonniers, tirez les rideaux des fenêtres. Dans l’obscurité, vous éviterez ainsi tout reflet parasite de lumière.

Afin d’éviter ces reflets extérieurs dus aux luminaires de la pièce ou la lumière du jour, j’ai ajouté un cache anti-reflet en carton. Un simple tunnel en U qui s’emboîte le long de l’objectif et vient en butée sur la glissière à diapo.

Vue sur le porte diapositive et du cache reflet en carton.
Vue sur le porte diapositive et du cache reflet en carton.

Réglage de l’appareil photo

La prise des vues s’effectue avec l’utilisation d’une télécommande filaire branchée sur le reflex, la visée est assurée par Live View. Comme il faut bien commencer par quelque chose, on peut choisir de régler son appareil photo en mode priorité à l’ouverture sur f/8 – 100 ISO.

De suite, je me rend compte que les numérisation sont légèrement sous-exposées d’environ 1 à 1,5 dia. Pourquoi ne pas le faire dès la prise de vue en augmentant en conséquence le temps de pose ?
A partir de là, je m’arrange pour ajuster le temps de pose à chaque photo pour obtenir une exposition parfaite.
Les réglages de base sont alors :

  • Format RAW, Mode manuel, f/8, 1/60, 100 ISO, Picture Control sur Neutre.
Régler le Picture Control sur Neutre
Régler le Picture Control sur Neutre afin de réduire le fort contraste des diapositives.

Répartition de la lumière

Afin de vérifier la répartition de la lumière sur l’image photographiée, je prends en photo le puits de lumière sans pellicule (la mise au point est faite sur une diapositive puis l’autofocus est débrayé).
Avec Lightroom, la souris pointe sur les 4 coins de l’image puis au centre. Pour chaque point, je relève le niveau de lumière de chaque couleur primaire RVB.

Le résultat varie en fonction de la position de la plaque Led.
Ci-dessous, les valeurs les plus critiques mesurées et une diapositive numérisée dans ces conditions.

Contrôle des écarts colorimétriques sur Lightroom
Contrôle des écarts colorimétriques sur Lightroom
Voici un exemple d’une diapositive numérisée selon ce principe – L’image est recadrée et développée (réglage de base)

Questions réponses

Comment nettoyer les diapositives

Il est indispensable avant toute opération de numérisation de nettoyer les diapositives et négatifs.

Le but de cette opération est d’enlever la poussière et autres saletés déposées sur les films avant de les numériser. Un petit bidon d’air comprimé utilisé à distance donne un bon résultat : rapide et efficace. Pour les poussières récalcitrantes, essayez de les ôter à l’aide d’un pinceau doux de photographe.
Enfin, pour la moisissure, appliquez un liquide nettoyant pour émulsion photographique avec une lingette non pelucheuse (jamais d’eau).

Le sens de la diapositive face à l’objectif ?

La règle serait de mettre le côté émulsion face à l’objectif. Les images photographiées seront alors inversées et il sera nécessaire de commencer le post développement par des rotations.
Personnellement, je n’ai pas constater d’amélioration d’un sens ou de l’autre, même si j’ai pris l’habitude d’appliquer « la règle ».

A propos des rotations, les diapos photographiées en mode portrait doivent être mises comme s’il s’agissait d’une image en mode paysage (la rotation de 90° sera réalisée en développement).

Comment trouver le côté émulsion de la diapositive ou du négatif

L’émulsion d’un film argentique se situe sur le côté mat du film, généralement la face creuse. Pour ce qui concerne les diapositives, le côté « émulsion » est standardisé par rapport aux caches utilisés, ainsi :

  • Les Kodachromes sont montés sous cache en carton, le côté où est imprimé la marque Kodak est l’émulsion.
  • Les Ektachromes sont montés sous cache gris/blanc, le côté blanc du cache est l’émulsion.

Quelle est la Meilleure ouverture ?

F8, F11 (si les diapositives ne sont pas planes.)

Le cas (non) désespéré des 28x28mm

J’avais imaginé un support coulissant de diapositives au format carré (28×28) pour les formats 126 réalisé à partir d’un calendrier en carton.
En y regardant bien, et par chance, la largeur du support coulissant de diapositives fait exactement 28mm.

Kodak Instamatic 50 et sa cartouche au format 126
Kodak Instamatic 50 et sa cartouche au format 126 – © Friedrich Haag – CC BY-SA 4.0

DSLR + table lumineuse | 6×9

Epoque : 2021
Film 220 (6x9mm) – appareil photo : Miom Photax

Avec des formats différents des 24×36 et 28×28, le banc précédent ne sera pas adapté à la numérisation. Que faire avec les formats 6×9 et autres ?
La solution que j’ai finalement adoptée est de numériser avec la boîte de lumière posée à plat et appareil photo monté sur trépied.

Mise en œuvre et résultats des numérisations

Ces vieux négatifs sont généralement bombés par le temps (dans mon cas, ce sont des photographies familiales) et il me faudra faire avec.
Aussi, pour maintenir vos négatifs à plat, la première idée venue serait de les mettre en sandwich entre deux plaques de verre. Je ne vous le conseille pas car le verre génèrerait un certain nombre d’effets indésirables comme des poussières, des anneaux de Newton, des reflets. La seule exception est le verre ANR (Anti Newton Ring) mais qui n’est pas donné.

J’ai retenu la solution suivante : monter le négatif en sandwich entre deux plaques de carton, genre calendrier, aux dimensions de la boîte de lumière.

  • Les deux plaques de carton sont reliées ensembles pour former une espèce de pochette de bureau avec un morceau d’adhésif.
  • Un trou rectangulaire est percé de part en part aux dimension du négatif 6×9 cm. Attention, le pourtour du négatif devra absolument être maintenu entre les deux carton (en sandwich).
  • Utiliser deux bracelets élastiques identiques pour maintenir la pochette fermée.

La table lumineuse doit être à l’horizontale, le reflex à la verticale (plan capteur parallèle à la table lumineuse), le réglage s’effectue avec un petit niveau à bulle parfois intégré au trépied ou au reflex.

Le réglage de base de l’appareil est alors le suivant:

  • Format RAW, Mode manuel, f/8, 1/60, 100 ISO, Autofocus ON.
Années 1955-1960 – à partir d’un négatif 6×9

Aligner le capteur à l’image photographiée

Afin d’obtenir une image la moins déformée possible, le capteur de l’appareil photo et le film à numériser doivent être parallèles. Si l’utilisation des niveaux à bulle sont indispensables à minima, ils permettent de positionner horizontalement et verticalement à la fois le boitier et le film à photographier : il est souvent difficile d’atteindre le Graal.
En complément, un alignement au miroir permet d’ajuster finement les réglages. Le miroir est placé derrière l’ouverture du puits de lumière de manière à conserver l’axe de prise de vue.

Scanner à plat pour les tirages papiers

Tout est dit dans le titre du paragraphe. Tous les formats papiers, j’entends par là les coupures de presse, les cartes postales et bien sûr les tirages papiers pour lesquels je ne possède pas le négatif.

J’utilise une vieille imprimante avec une option scanner. Le logiciel fourni avec le scanner doit pouvoir sortir des images au format TIFF (.tif). Evitez le format JPG qui compresse l’image et génère des artefacts liés à cette compression. Le TIFF donnera plus de souplesse au post développement numérique.

Si vous pensez scanner des articles de presse ou des cartes postales par exemple, une option de « détramage » est indispensable (on parle également de « moiré »). Par contre il est contre productif de détramer les tirages papiers (photos argentiques sortant d’un labo de développement).

Fenêtre Scangear menu options avancées
Fenêtre Scangear menu options avancées

Voici comment numériser des photos anciennes avec un scanner.

  • Nettoyez la vitre du scanner avec un chiffon doux et sans peluche.
  • Placez la photo face vers le bas sur la vitre, en alignant les bords avec les repères du scanner.
  • Fermez le couvercle du scanner et lancez le logiciel de numérisation sur votre ordinateur.
  • Choisissez les paramètres de numérisation: choisir une résolution de 300 dpi ou plus et un format de sortie en TIFF.
  • Cliquez sur le bouton Numériser (ou tout autre libellé équivalent) pour lancer la numérisation. Attendez que le processus se termine et sauvegardez le fichier numérisé sur votre ordinateur.
Restauration d'un vieux tirage papier de mariage anonyme - Date inconnue
Restauration d’un vieux tirage papier de mariage
anonyme – Date inconnue

Si vous n’avez pas de scanner, vous pouvez utiliser votre smartphone pour numériser vos photos anciennes. Il existe des applications dédiées à cette fonction, comme Google Photoscan, Microsoft Office Lens ou Adobe Scan.

Développement numérique

Le process de développement numérique dépend du type de numérisation : diapositives, négatifs couleurs, noir et blanc et scans de documents. Mais, rassurez vous, celui-ci est quasiment le même à quelques points près.

Cas des diapositives

Les films positifs ou diapositives n’ont évidemment pas besoin d’être inversés. Voici les étapes (avec mes données persos) pour réaliser un développement sous Lightroom:

1 – Importer les images dans Lightroom avec un paramètre prédéfini :

  • Corrections de l’objectif > Supprimer l’aberration chromatique et activer le profil de correction.
  • Réglages de base > (Profils) Camera Matching > Appareil photo neutre (ou le profil qui vous convient le mieux)
  • Réglages de base > Température 5600°K (la température de votre source lumineuse)

2 – Inverser horizontalement les images (sélectionner toutes les images puis menu Photo > inversion horizontale).
C’est également le moment d’effectuer les rotations de 90° pour les images au format portrait et qui ont été photographiées en paysage.

3 – Modifier la date de la prise de vue:

  • Sélectionner toutes les images puis Métadonnées > Modifier l’heure de capture
Lightroom comment modifier l'heure de capture d'une image
Lightroom – comment modifier l’heure de capture d’une image

4 – Renommer les images au format YYYY-MM-(Séquence xyz) ou YYYY-MM-(Séquence xyz)-Texte

  • Sélectionner toutes les images puis Bibliothèque > Renommer les photos
Lightroom - Comment renommer les photos
Lightroom – Comment renommer les photos

5 – Ajouter les mots clés

6 – Recadrer toutes les images

7 – Exécuter les retouches globales (hautes lumières, ombres, point blanc, point noir, …) – Si nécessaire ajuster la balance des couleurs avec la pipette.
Au cas par cas, ajustez le contraste, la clarté, donnez un peu de texture…

Lightroom - Le réglage global
Lightroom – Le réglage global

Cas des négatifs (N&B et couleurs)

Avec les images en noir et blanc, une simple inversion réalisée avec l’outil courbes suivi de quelques ajustements de la luminosité et de contraste vous permettront d’obtenir un résultat immédiat.

En revanche, l’inversion des films négatifs en couleur est un sujet complexe. Dans les années 70-80, le traitement argentique C41 était le procédé de développement le plus commun des films négatifs couleurs. Ces films intègrent un masque de couleur orange qui permettait de compenser les anomalies des colorants dans l’émulsion. Voir à ce sujet Quelle est la raison du masque orange sur les négatifs couleur? (pics.idemdito.org)
Cette couche de couleur orange est difficile à neutraliser en post développement numérique. Si le scanner permet de la supprimer, il en est autrement avec une numérisation DSLR. On trouve de nombreux exemples sur les forums sur ce sujet comme par exemple la méthode picto.

Compte tenu du nombre important de négatifs à numériser, j’ai finalement investi une application que je trouve personnellement géniale : Negative Lab Pro. Il s’agit d’une extension pour Adobe Lightroom (CC et Classic) dédiée au traitement des négatifs argentiques numérisés.
La qualité des couleurs et sa facilité d’emploi ne me font aucunement regretter cet achat.

Video Guide to Negative Lab Pro for Lightroom

Guide vidéo de Negative Lab Pro pour Lightroom (en anglais)

Le workflow est quasiment le même que pour les diapositives à l’exception des point:

  • point 1 qui se voit simplifié:
    Corrections de l’objectif > Supprimer l’aberration chromatique et activer le profil de correction.
    Réglages de base > Température 5600°K
  • point 7 qui est remplacé par l’exécution de Negative Lab Pro.

Nettoyage des photographies sur Photoshop

L’idée générale est de nettoyer l’image des multiples rayures et salissures.
Je ne touche plus, ou le moins possible (dans ce cas avec Camera Raw), à la partie couleurs et tonalités. Normalement, ces opérations ont été réalisées précédemment.
Globalement le workflow devient le suivant:

  • Travailler sur un calque dupliqué.
  • Outil Zoom > Adapter à l’écran
    Agrandissement des images à 33% (voire 50% à 100% pour les visages lorsque c’est nécessaire).
  • Outils utilisés pour le nettoyage : Correcteur localisé (55 pixels), outil Pièce.
    Pour les ciels délavés, tenter un masque Ciel puis filtre Bruit>antipoussière
  • Filtres IA Neural Filters : Restauration de photos (40%), Colorisation (à tester)
  • Efforcez vous à toujours obtenir les contours et les angles des images bien nets. Même non nettoyées les images paraitront bien plus finies.
  • Enregistrer en TIF.

En conclusion

Pourquoi numériser ses anciennes et vieilles photos ? Vous avez sans doute des albums de photos, des négatifs et autres qui datent de plusieurs années, voire de plusieurs décennies. Ces souvenirs sont précieux, exposés au risque de se détériorer, de se perdre ou d’être endommagés par le temps.

La numérisation vous permet de conserver vos photos stockées sur un disque dur ou un service en ligne (cloud). Vous pouvez aussi les partager facilement avec vos proches, les imprimer à nouveau.
La numérisation vous offre donc la possibilité de préserver et de valoriser votre patrimoine photographique, tout en profitant des avantages du numérique.

Vous aussi, partagez vos astuces de numérisation…

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à le partager pour informer vos proches.

Initialement écrit en 2020 (ébauche), cet article a été repris et mis à jour en décembre 2023.
Cet article constitue un outil de documentation de loisirs et n’engage pas la responsabilité du site.

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