A propos de la Madeleine(-Lez-Lille)

La Madeleine est une commune limitrophe de la Métropole de Lille située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.

Au début du XIIIe siècle, un petit nombre de hameaux et de lieux-dits, dont les noms même ont aujourd’hui disparu, sont à l’origine de la ville:

  • le Riez (de nos jours le centre-ville, la mairie, l’église),
  • le Vert-Pire (l’actuel Romarin),
  • le quartier de Berkem bordée par la Deûle
  • le Waudringhien que les constructions militaires de Vauban ont fait disparaître fin XVIIe siècle.
  • le faubourg de Courtrai (aujourd’hui absorbé par la ville de Lille).


À la veille de la Révolution française, La Madeleine compte environ 600 habitants.
La période révolutionnaire constitue un moment de trouble et le premier maire est nommé en mars 1790.
L’activité se résume alors à une fabrique d’amidon, de deux moulins à huile et d’un petit chantier de construction de bateaux. Egalement la présence d’aubergistes, de maréchaux-ferrants, de quelques artisans le long de la Grand’route.
Cependant l’activité agricole occupe toujours la plus grande part des habitants.

C’est dans les années 1825-1830 qu’apparaissent des petits ateliers de mécanique: atelier de mécanique Fontaine, Pitoux et son atelier de fabrication de céruse[voir note 1] du côté de Berkem jusque les années 1830.
En 1835, un négociant lillois nommé Desmaziéres fonde dans le hameau de Berkem une fabrique de sucre qui survivra une dizaine d’années. 1842 voyait l’installation, toujours à Berkem, d’une petite entreprise de produits chimiques fondée par François Claes. Elle fut reprise en 1847 par Frédéric Kuhlmann qui lui donnera une extension considérable.
Toujours sur Berkem, les Lillois Delesalle-Desmedt établissent une usine linière en 1852.
A partir de 1848, le chemin de fer Lille-Calais traverse La Madeleine, la gare est alors installée entre les remparts de Lille et le sud de la commune. La gare sera déplacée en 1875 sur son site actuel.

Vers 1850, la population avoisine 2 000 personnes.
Détruite en 1792, l’unique église sera reconstruite en 1839 et sera remplacée, quarante ans plus tard, par l’église actuelle. Les Petites sœurs des Pauvres s’installent en 1848.

La ville pend des allures industrielles: technologie, surpopulation de Lille, main d’œuvre abondante (immigration belge). La Madeleine est passée à 7 000 habitants.
Un nouveau quartier ouvrier se forme autour de la rue Jeanne Maillotte où les conditions de logement sont désastreuses (multiples courées).
Les fonderies et chaudronneries apparaissent autour de la rue de Lille : Durot-Binault, Boyer, remplacé vers 1890 par Blondel.
À partir de 1872, de nouvelles usines textiles, parmi lesquelles les filatures Agache, Saint-Léger et, plus tardivement, Huet dans le quartier de Berkem. Ces entreprises employaient de très nombreux salariés dont de nombreuses femmes.

1888, la nouvelle église Sainte-Marie-Madeleine est ouverte au culte. Une autre paroisse voit également le jour à Berkem, l’église Saint-Vital est inaugurée en 1868.
Un nouvel hôtel de ville est inauguré en 1892.
La modernité s’engage : le gaz en 1861 pour l’éclairage des rues principales, puis l’électricité. En 1879, ce seront les premiers tramways à chevaux assurent la liaison avec Lille, 1888 ils sont remplacés par les tramways à vapeur.
Les tous premiers branchements téléphoniques auront lieu en 1905-1906.

1890, un quartier apparait autour de la gare avec : la fabrique de sommiers métalliques d’Eugène Huyghe, les huileries Carpentier-Lefebvre, l’usine de dégraissage Rozendaal puis plus tard la Carbonique française rue St-Charles, avant la guerre 14-18.
Les entreprises se multiplient partout dans la ville : Les brasseries Delesalle et Vanneufville, la fabrique d’extincteurs Fleury-Legrand, les ateliers de torréfactions de cafés Fichaux

Le début de XXe siècle voit également l’apparition d’un autre nouveau quartier le long d’un boulevard nouvellement créé entre Lille et Roubaix-Tourcoing, ce secteur était quasiment inhabité, consacré à l’agriculture. Dès 1909, une ligne de tramways électrique dessert ce boulevard (aujourd’hui l’avenue de la République).
Des villas cossues, souvent inspirées du style Art nouveau sont habitées par une population socialement privilégiée d’industriels et de fonctionnaires. Une concession du constructeur d’automobiles Renault s’y implante dès 1909.

Après la première guerre mondiale, autour des années 1930, sont créés de nouvelles rues, constituées d’habitations individuelles, près de la place du marché : l’avenue Joffre, la rue Clémenceau. Toujours après la guerre, une nouvelle paroisse voit le jour dans le secteur de l’avenue de la république se concrétisant en 1937 par l’inauguration de l’église Notre-Dame de Lourdes.

Deuxième guerre mondiale - Quatre sombres années.
La résistance passive de la majorité est amplifiée par l’action efficace d’un petit nombre de combattants, qui paieront souvent leur courage de leur vie ou d’une terrible déportation. Leur souvenir est perpétué par le baptême des rues Eugène d’Hallendre, François de Guillebon, et de la place des fusillés et déportés.
La Madeleine se voit imposer, durant ces années, la présence du service de contre-espionnage allemand, aux sinistres interrogatoires.

La population dépasse désormais 20 000 habitants.
Des années 1960, une série d’opérations d’envergure tendent à corriger la croissance anarchique des vieux quartiers ouvriers, c’est-à-dire le quartier de Berkem et le secteur de la rue Jeanne Maillotte. Un nouveau quartier, la Nouvelle Madeleine, surgit à proximité du boulevard périphérique aménagé sur le premier tracé du chemin de fer, celui de 1848.

Cartes postales anciennes

Carte postale de La Madeleine - La Mairie
1 - La madeleine-lez-Lille - La Mairie - EC
Carte postale de La Madeleine  - Rue de Marquette
LP7 - La Madeleine - Rue de Marquette (Cachet de la Poste 1928)
Carte postale de La Madeleine - Le monument aux Morts
L. P. 16 - La Madeleine - Le monument aux Morts
Carte postale de La Madeleine - La Rue du Lille
5-La Madeleine-lez-Lille - La Rue du Lille - E.C. (cachet de la poste 1918)
Carte postale de La Madeleine - La Rue Jacques-Lefebvre
La Madeleine - La Rue Jacques-Lefebvre

Photographies argentiques anciennes

Accident de la circulation dans la rue des Gantois, La Madeleine
Accident de la circulation dans la rue des Gantois, La Madeleine (1965) - Vieille photographie

Notes

[1] - La céruse est le pigment blanc le plus commun du XIXe siècle. C’est un carbonate de plomb, produit en France de manière industrielle depuis 1809, date de la fondation de l’usine de Clichy. C’est cependant la région lilloise qui prédomine dans ce secteur où seul le procédé traditionnel « hollandais » est employé. Conscients de la dangerosité de ce métier, qui provoque le saturnisme de nombreux ouvriers, les cérusiers, menés par Théodore Lefebvre, œuvrent avec succès pour rendre leur industrie plus saine, en introduisant de nombreuses innovations destinées à réduire la poussière émise. Ils répondent ainsi aux sollicitations des hygiénistes et de l’État, qui finira par interdire l’utilisation de la céruse par les peintres en bâtiment au début du XXe siècle.


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