La bouée de la sirène de Dunkerque

Elle marquait l’entrée du port. La bouée de la sirène de Dunkerque, conçue par un artiste lillois, a été arrachée par une tempête. Dimanche, elle a été fortement endommagée...

Chant du cygne pour la sirène?

Elle marquait l’entrée du port. La bouée de la sirène, conçue par un artiste lillois, a été arrachée par une tempête. Dimanche, elle a été fortement endommagée.

Quand les marins dunkerquois prenaient la mer, ils la retrouvaient toujours dans sa pose lascive, légèrement vêtue. Certains prenaient plaisir à la contempler à la jumelle. Pour les pêcheurs, elle était le signal qu’il fallait s’annoncer à la capitainerie. Pour les amateurs de régates à la voile, c’était une marque de passage. Un véritable rendez-vous.

C’était ce qu’avait souhaité son créateur, Léopold Franckowiak, qui avait travaillé sur des "points fixes remarquables", entourant son oeuvre de références culturelles et artistiques. Quoi de mieux que de l’installer là, à la sortie du port de Dunkerque, là où les bateaux partent pour des horizons lointains?

Elle était toujours resté là, ou presque, depuis 1989, et elle en avait vu, des rafales et des tempêtes. Elle avait supporté presque sans dommages les assauts ravageurs des coups de vent de nord. Dimanche, son armature de bois et sa peau de résine n’ont pas résisté à la furie du temps.

Photo la Voix du Nord

Cassée en deux

La bouée de la sirène avait cassé la chaîne qui la retenait le 24 janvier, après un coup de vent un peu plus fort que les autres, sans pour autant se briser. "Elle s’était échouée sur les enrochements à l’entrée du port est, et nous attendions qu’il y ait de plus gros coefficient de marée pour venir la chercher avec le Hauts de France", explique-t-on aux Phares et Balises. mais dans la nuit de samedi à dimanche, la mer, poussée par les rafales de nord, l’a drossée vers le quai en pierre, près de l’écluse du canal exutoire. Les charmes de la sirène se sont envolés. Brisée en deux, elle est méconnaissable; le flotteur a pour sa part été endommagé. Arrivé sur place, les gendarmes maritimes ont été aidés des employés chargés du lamanage au Port autonome pour la mettre à l’abri et l’empêcher ainsi de reprendre la mer et de gêner la marche des écluses, voire de percuter un navire.

Baladeuse

Ce n’est pas la première fois que la sirène s’offre une petite escapade. "Elle s’était détachée à plusieurs reprises mais à chaque fois on l’avait retrouvée. Une fois elle s’était même retrouvée à la frontière des Pays-Bas", se souvient Léopold Franckowiak. Il lui est même arrivé d’être abordée par un cargo. Arrachée de son socle, la statue avait été repérée et ramenée à terre par l’équipage d’un bateau et son créateur avait pu la réparer, dans un atelier aménagé au sein des Phares et Balises. Meurtrie après avoir été drossée contre les rochers, sa dernière randonnée l’a abîmée au plus profond de sa chair. La bouée appartient aux Phares et Balises et bénéficiait d’une convention d’entretien avec la communauté urbaine de Dunkerque. Ce sera aux deux parties, ainsi qu’au créateur de la sirène, de décider de son avenir. Dans le projet Léopold Franckowiak (mais qui avait été refusé pour des raisons de sécurité par la Marine), la sirène aurait pu être dotée d’un système de morse émettant le signal "oui". Quant à savoir si elle a encore un avenir, la réponse, pour l’instant, est "peut-être"...

par Marc GROSCLAUDE, article paru dans la Voix du Nord du 16 février 2005

http://img.over-blog-kiwi.com/1/20/02/00/20141119/ob_864c10_la-sirene-du-16-sept-1989.jpg
Photographie  http://www.jepi-dunkerque.fr/2014/11/la-petite-sirene-de-dunkerque-sirene-m-etait-contee.html

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