La pêche du brochet au vif est une technique à la fois traditionnelle et redoutablement efficace. Accessible aux débutants comme aux passionnés, elle offre des sensations uniques et demande un vrai sens de l’observation. Dans ce guide, je vous partage mon expérience, mes astuces et les montages qui fonctionnent pour traquer ce carnassier emblématique.
🧰 Matériel indispensable
- Flotteurs coulissants (3 à 15 g), plomb olive, émerillon à agrafe, perle en caoutchouc.
- Canne télescopique de 3 à 4 mètres, puissance 80–100 g, action de pointe pour un bon contrôle.
- Moulinet taille 3000 ou 4000, avec un frein progressif et puissant.
- Fil nylon de 25 à 35/100 selon les obstacles présents.
- Bas de ligne en acier multi-brins gainé de nylon : souplesse et solidité.

Les accessoires indispensables
- L’épuisette : pour sortir le brochet sans stress ni casse.
- L’aiguille à locher : permet d’armer le vif proprement, en glissant le bas de ligne sous la peau.
- Le bâillon à brochet : essentiel pour maintenir la gueule ouverte et retirer l’hameçon sans danger.
- La pince plate à long bec : pratique pour décrocher l’hameçon sans risquer les doigts.
- La pince coupante : utile pour sectionner l’avançon métallique avant de relâcher le poisson.
- Le mètre : pour mesurer fièrement votre prise (et respecter la réglementation !).
Le seau à vif : Indispensable pour garder vos vifs en pleine forme, le seau à vif doit être rempli à environ un quart de son volume. Un aérateur à batterie peut être ajouté pour oxygéner l’eau, surtout lors des longues sessions estivales. En automne ou pour une sortie courte, un simple renouvellement de l’eau suffit souvent. L’objectif : garder des appâts dynamiques et bien vivants.
Le montage au bouchon coulissant : souplesse et efficacité
Le montage au bouchon coulissant est un classique qui a fait ses preuves. Il permet au vif de nager librement, ce qui attire naturellement le brochet. Préférez les flotteurs coulissants (3 à 15 g) pour plus de flexibilité.
Deux guides-fils type Rigoletto peuvent être ajoutés pour éviter les emmêlements. Un plomb olive équilibre l’ensemble, et l’émerillon à agrafe facilite le changement de bas de ligne. N’oubliez pas la perle en caoutchouc pour protéger le nœud.
Pour le bas de ligne, les modèles en acier multi-brins gainés de nylon sont idéaux : souples, solides et discrets. Plus le nombre de brins est élevé (7, 19, 49), plus la souplesse est au rendez-vous.

Réglage précis du flotteur
Pour maintenir le vif à la profondeur idéale, j’utilise généralement deux ou trois nœuds d’arrêt successifs sur la ligne. Ces nœuds permettent de bloquer le flotteur coulissant à la hauteur souhaitée. Une autre option consiste à utiliser des stop-floats, qui offrent une solution rapide et ajustable pour contrôler la position du bouchon.
Les meilleurs vifs pour séduire le brochet
Le vif doit être dynamique et robuste. Tous les vifs ne se valent pas, voici quelques options :
| Espèce | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Gardon | Efficace, courant | Paresseux, à stimuler |
| Rotengle | Robuste, actif | Léthargique en eau froide |
| Goujon | Très bon appât, universel | Tendance à se cacher |
| Ablette | Très fragile | Peu recommandée |
| Vairon | Solution de secours | Moins attractif pour le brochet |
L’idéal est de choisir un vif qui ressemble au poisson fourrage local. Et surtout, qu’il soit bien vivant et actif !
L’eschage du vif
La taille idéale du vif se situe entre 8 et 15 cm — suffisamment grand pour attirer un brochet, mais pas trop encombrant pour rester mobile. Pour l’armement, il existe de nombreuses options :
- Montage classique : un hameçon simple ou triple piqué par le nez du vif.
- Montage en séton : le bas de ligne est glissé sous la peau du vif à l’aide d’une aiguille à locher. On entre par une écaille soulevée près des opercules, puis on ressort entre la dorsale et la queue. Ce montage discret permet au vif de nager naturellement tout en gardant l’hameçon bien en place.

Montage retardé (eschage en séton sur le flanc)
Pour réaliser un eschage en séton sur le dos du vif, commence par insérer la boucle du bas de ligne dans le chas ouvert de ton aiguille à locher. Maintiens fermement le vif dans la main gauche, la queue orientée vers ton pouce. Avec la pointe de l’aiguille, soulève délicatement une écaille située environ un centimètre avant les opercules.
À travers cette petite ouverture, introduis l’aiguille entre la peau et la chair, en la guidant bien droite le long de l’axe central du dos. Fais-la ressortir à environ un centimètre en avant de la nageoire dorsale, vers la base de la queue. Le bas de ligne se glisse ainsi sous la peau, en toute discrétion.
Il ne reste plus qu’à retirer l’aiguille et à positionner l’hameçon : la tige doit passer sous la peau jusqu’à la courbure, assurant une tenue solide sans gêner la nage du vif.
Ce type d’eschage est parfait pour un montage retardé, où l’on attend que le brochet engame complètement avant de ferrer.
💡 Hameçons Ryder : un choix judicieux pour l’eschage
Parmi les différents modèles disponibles, les hameçons Ryder ont ma préférence. Leur conception à deux branches — l’une courte, l’autre plus longue — permet une fixation efficace du vif, que ce soit sur le dos ou en montage séton. Ce type d’hameçon offre une bonne tenue et optimise les chances de ferrage, quel que soit l’angle d’attaque du brochet.

Montage immédiat : pour les situations à risque
Parfois, il faut agir vite — notamment si le brochet se dirige vers une souche ou un obstacle. Dans ce cas, le montage immédiat est plus adapté : Un hameçon triple est piqué par une seule branche sur le flanc du vif.
Ce montage permet un ferrage rapide et efficace, quel que soit l’angle d’attaque du brochet. Il existe bien d’autres variantes, mais celle-ci reste simple et redoutable.

Choisir le bon spot : là où le brochet se cache
Le brochet est un chasseur embusqué. Il affectionne les zones encombrées : arbres immergés, herbiers, cassures de fond, bordures profondes. Ces structures lui offrent à la fois abri et poste d’observation pour surprendre ses proies.
Prospecte activement, canne en main, en suivant les indices du courant et les regroupements de poissons blancs. C’est souvent là que le brochet rôde.
Les meilleures périodes pour le brochet
Le brochet n’a pas d’heure fixe pour chasser, mais certains moments sont plus propices :
- Aube, midi et crépuscule : les pics d’activité.
- Avril–mai : juste après l’ouverture, période très favorable.
- Été (juin à mi-septembre) : plus imprévisible, le brochet a l’embarras du choix côté nourriture.
- Automne (jusqu’à mi-novembre) : excellent, les poissons fourrages se regroupent.
- Début d’hiver : les brochets restent actifs pour se nourrir malgré le froid.
L’action de pêche : entre patience et précision
Montage à ferrage retardé :
Avant tout, il faut régler ton flotteur pour que le vif évolue à 20 à 60 cm au-dessus du fond — c’est ce qu’on appelle un montage “décollé”. Une fois ton appât vivant bien esché, place-le près des zones prometteuses : herbiers, racines immergées, cassures de fond.
Le frein est desserré ou le pick-up relevé, laissant le nylon filer sans résistance au moment où le brochet s’éloigne avec le vif.
Le brochet, en bon chasseur, saisit souvent le vif en travers. Le flotteur disparaît et réapparaît plus loin… En réalité, il s’éloigne un peu avec sa proie pour la retourner et l’avaler : c’est le moment de rester calme.
Ensuite, il faut parfois attendre de longues minutes avant que le brochet ne se décide à reprendre franchement du fil. C’est là qu’il faut ferrer.
En somme, la clé est la patience !
⚠️ Manipulation du brochet
Avec près de 700 dents acérées, le brochet ne plaisante pas. Une morsure peut vite tourner au cauchemar. Pour éviter tout accident :
- Saisis-le fermement derrière la tête.
- Maintiens-le en position verticale : il se calmera.
- Utilise un bâillon pour garder sa gueule ouverte.
- Retire l’hameçon avec une pince longue, sans jamais mettre les doigts trop près.
Si tu relâches le poisson, fais-le rapidement et avec douceur pour maximiser ses chances de survie.
Réglementation 2025
- Quota : Maximum 2 brochets par jour et par pêcheur dans la plupart des eaux publiques
- Ouverture : dernier samedi d’avril à dernier dimanche de janvier.
- Taille minimale : varie selon les départements (50–80 cm), certains départements appliquent des fenêtres de capture.
- Autorisée 30 minutes avant le lever du soleil jusqu’à 30 minutes après le coucher du soleil

📽️ Ressources vidéo
Des tutoriels YouTube détaillent les montages, l’eschage, le choix des vifs et les techniques de ferrage. Idéal pour les débutants ou pour se perfectionner.
Pêche du brochet au vif – PecheurCom
00:44 : quels vifs utiliser ?
02:19 : comment conservation et le transport des vifs ?
02:59 : quelle taille de vifs utiliser ?
03:49 : quel matériel (canne, moulinet) utiliser ?
05:24 : tresse ou nylon pour remplir le moulinet ?
06:01 : comment monter une ligne flottante à vif ?
07:17 : quel type de bas de ligne ?
08:51 : comment accrocher les vifs ?
13:08 : quand changer ses vifs
14:25 : quels postes pour pêcher le brochet au vif ?
14:49 : a quelle hauteur régler son flotteur ?
15:38 : conclusion
En conclusion
La vraie pêche du brochet au vif n’est pas une pêche essentiellement statique. On peut, bien entendu, prendre un brochet simplement en posant une ligne sur le bord de l’étang, sans plus s’en occuper. Cette action ne constitue pas une pêche proprement dite, elle s’apparente plutôt à la pêche à la ligne de fond. Pour chasser réellement le brochet au vif, il faut tenir sa canne en main et se déplacer continuellement, prospecter les trous et les remous au bord desquels le brochet aime se mettre à l’affût, chercher le poisson partout où le sens de l’eau nous indique qu’il peut se trouver.
À vous de jouer… et n’hésitez pas à partager vos propres astuces en commentaire. Bonne pêche à tous !😀
Initialement écrit en 2015, cet article a été repris et mis à jour en 2025.


