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La truite de mer

La truite de mer (Salmo trutta trutta) est considérée comme une sous-espèce de la truite commune (la fario).

Elle fréquente les eaux douces durant les premières années de sa croissance puis après un séjour en mer de prés de deux ans regagne la rivière pour se reproduire.

En effet, ces poissons adultes peuvent rester en rivière, aller grossir en mer ou en lac selon les situations. Ainsi se définissent trois espèces distinctes de truites, selon l’endroit où elles vivent, à savoir:

  • la Fario qui nait et vit uniquement en rivière.
  • la truite de mer qui, comme son nom l’indique migre en mer. Leur croissance est alors beaucoup plus rapide qu’en rivière.
  • la truite lacustre qui vit et se développe en lac.

La truite présente un corps fusiforme, une forte tête avec une bouche largement fendue, une grande nageoire caudale ainsi qu’une nageoire adipeuse commune à tous les Salmonidés.

La pêche de ce poisson nécessite de s’être acquitté du supplément « migrateurs ». Les techniques de pêche pour prendre les truites de mer sont les mêmes que celles utilisées pour la fario.
Certaines régions françaises comme la Dordogne, interdisent la pêche de la truite de mer. C’est également le cas dans certains estuaires, renseignez vous auprès des sociétés de pêche.
Cependant en cas de capture accidentelle, relâchez ce poisson puissant dans les meilleures conditions.

La truite de mer -Rvalette, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Common
La truite de mer
-Rvalette, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

La truite de mer, c’est là un fort beau poisson

Nous voici en 1950, la pêche de ce poisson migrateur est déjà très en vogue comme le démontre cet article paru dans le Chasseur Français.

Bien que son appellation la range parmi les poissons d’eau salée, cette truite, tout comme le saumon, passe une notable partie de son existence en rivière et, de ce fait, semble pouvoir entrer dans mes attributions de chroniqueur de pêche en eau douce; c’est pourquoi j’en parle aujourd’hui.

C’est là un fort beau poisson, qu’on peut rencontrer dans de nombreux cours d’eau qui se jettent dans la mer du Nord, la Manche et l’Atlantique; elle est rare au sud de la Loire.

Cette truite rappelle beaucoup le saumon par ses formes élancées, ses nageoires puissantes, sa queue épaisse et musculeuse.

Son dos est gris-fer, souvent un peu bleuâtre; ses flancs sont gris clair et son ventre argenté. De nombreuses petites taches noires, en forme de X, se voient en dessus comme au dessous de la ligne latérale. Sa taille est moins forte que celle du saumon; néanmoins, les sujets de dix à douze livres ne sont pas très rares.

Ce qui la distingue de notre truite commune est sa tête un peu moins large, son museau plus pointu; la couleur très claire des nageoires ventrales et anale, ainsi que la bordure noire de sa nageoire adipeuse, qui est rougeâtre chez nos truites de pays.

Sa chair est saumonée, mais souvent plus pâle que celle du «salmosalar»; elle n’en est pas, pour cela, moins savoureuse, ainsi que j’ai pu en juger.

En eau salée, elle vit comme le saumon et nos grandes truites des lacs, se nourrissant exclusivement de proies vivantes.

Comme le premier, elle vient frayer en eau douce. M. le commandant Latour nous apprend que la principale remontée des grosses truites de mer a lieu en juin, à peu près à la même époque que celles des petits saumons d’été, en Bretagne.

Mais il semble qu’elles pénètrent moins haut dans les rivières et se contentent d’une eau moins pure et moins froide.

La durée de l’incubation des œufs est plus courte et, dit-on, ne dépasse guère trente jours.

En mer, nous dit un auteur réputé, il est rare que les pêcheurs à la ligne capturent ce poisson. Cependant, un correspondant qui habite la côte du Morbihan m’a assuré que, sous certaines conditions, la chose était parfaitement possible. Il est à peu près inutile de la pêcher durant le jour. On ne peut réussir que pendant une marée montante de nuit, après un gros temps et alors que la mer a repris sa tranquillité. C’est sur une plage de sable assez pentée qu’il convient de se placer. On pêche avec un solide «pater-noster» à trois gros hameçons nos0, 1 ou 2, appâtés de crevettes cuites, dites «bouquets», et posé à bonne distance du bord, au delà des brisants; une profondeur d’eau de 3 mètres environ est nécessaire. La touche est presque toujours très violente, et souvent le poisson se prend seul, sans ferrage. Comme ces truites voyagent volontiers en petits groupes, on peut parfois en prendre plusieurs en peu de temps et quelquefois de fort belles. Le renseignement valait d’être noté.

En rivière, et notamment dans les estuaires où on la trouve à peu près à toute époque, la pêche à la crevette cuite est productive. On la prend également aux vers de mer: arénicoles ou gravettes, aux petites anguilles ou lamproies vivantes et même au simple ver de terre un peu gros. Plus en amont, la pêche au lancer avec poissons morts ou appâts métalliques peut donner, certains jours, d’assez bons résultats. Mais ce qui est encore beaucoup plus passionnant et sportif est sa pêche à la mouche artificielle.

En rivière, contrairement à ce qui se passe en eau salée, on réussit beaucoup mieux quand le temps est sombre, mauvais, que le vent souffle à rebours du courant, agite l’eau et cache le pêcheur.

Dans ce cas, il faut employer une canne puissante, de 14 à 15 pieds, en bambou refendu, du même genre que les cannes à saumon. Elle permet de lancer contre le vent ou tout au moins de biais une ligne en soie imperméable assez lourde, terminée par un solide bas de ligne en fortes florences choisies, portant une seule mouche fixée à son extrémité.

On pêche en «mouche noyée», mais souvent «up stream», en remontant le courant si celui-ci n’est pas très rapide; en cas contraire, on pêche «en dérive», en descendant la rivière, «down stream».

Quant au choix des mouches, l’opinion des «spécialistes» que j’ai pu consulter est de se servir de modèles assez petits, montés sur hameçons des nos6 à 8 et choisis habituellement dans les teintes neutres: grises, rousses, jaunâtres, brunes, verdâtres, etc…., parfois agrémentés de quelques plumes brillantes.

Cependant, ma modeste expérience m’a permis de constater que des mouches montées sur hameçons n°7 et imitant les mouches anglaises «Red palmer», «Wickham faney», «Mallard and claret», «Jock-Scott», «Blue doctor», «Oronge grouse», ainsi que la fameuse «Alexandra», étaient à peu près aussi efficaces.

Comme pour le saumon, faire «travailler» la mouche entre deux eaux et même un peu profond, par une sorte de «dandinette» verticale ou oblique, donnera souvent de bons résultats.

En général, la touche de la belle truite de mer est rude; elle est plus vorace que le saumon et attaque pour manger. Le ferrage doit être net, franc, mais sans raideur ni violence.

Suivant la taille du poisson accroché, le pêcheur agira en conséquence. Il vaut mieux, toutefois, ne pas trop temporiser et amener la prise au bord le plus tôt possible. La truite de mer se rate assez souvent et sait fort bien se décrocher.

Le plus souvent une bonne et large épuisette télescopique suffit; de nos jours, la prise de pièces dépassant 3 kilos est devenue peu commune, surtout dans les cours d’eau dont le débit n’est pas très important.

Le Chasseur Français N°643 Septembre 1950 Page 535
Article signé R. Portier – Titre initial : la truite de mer

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Article publié initialement en 2011.
Il constitue un outil de documentation pour la pêche de loisirs et n’engage pas la responsabilité du site.

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