Aller au contenu
Accueil - Pêche en bord de mer - Poissons de mer - Le Thon Rouge

Le Thon Rouge

Le thon rouge est un poisson marin vorace et migrateur de la famille des Scombridés. C’est également un poisson des records, autant par la taille et son poids mais également de par sa vitesse de nage pouvant atteindre les 70km/h.
A noter que l’expression « thon rouge » désigne également la chair de plusieurs espèces de thons caractérisés par la couleur rouge de leurs muscles centraux. 

Thunnus thynnus (Linné, 1758)
Autres noms : Vrai thon, Scrombre, Thon rouge du Nord, Thon rouge de l’Atlantique, Thon rouge de Méditerranée.
Atlantique Nord-Est, Manche, Mer du Nord, Méditerranée.

Description

C’est la plus grande espèce de thons. Certains spécimens dépassent 4 mètres et pèsent plus de 600 kg. Il vit jusqu’à 200 m de profondeur en eaux tempérées, 500 m dans les eaux chaudes. Par contre, il n’aime pas les eaux froides, celles qui sont inférieures à 10 °C en surface.

C’est un poisson pélagique (1) et grégaire (2), qui peut effectuer de grandes migrations. Il se nourrit de petits poissons pélagiques comme les anchois, les sprats, les sardines ou encore les maquereaux, également de méduses, les vélelles (3) par exemple.

Il présente un corps en forme de torpille, de section circulaire. De couleur bleu nuit sur le dos, il est bleuté sur les flancs et blanc argenté sur le ventre; possède 2 nageoires dorsales, assez rapprochées. La première est jaune ou bleutée ; la seconde est nettement plus haute et de couleur rouge brun. 

Il se reproduit dans des zones de frai en haute mer, vers lesquelles ils migrent une fois par an. La reproduction a lieu au mois de mai : aux Baléares et au large de la Lybie (en Méditerranée) et dans le Golfe du Mexique (en Atlantique).
Les œufs sont abandonnés en haute mer.
La croissance des juvéniles est plutôt rapide car ils changent de régime alimentaire très fréquemment. Les jeunes de 500 grammes consomment une grande quantité de méduses, au point de faire supposer un lien entre les populations de thons et les « années à méduses ».

Le thon rouge du Nord - See page for author, Public domain, via Wikimedia Commons
Le thon rouge du Nord – See page for author, Public domain, via Wikimedia Commons

Mode de vie et habitat

Cette espèce vit en bancs d’individus de même taille. Les jeunes individus de moins de 115 cm et 30 kg vivent en grands bancs, et les plus gros en plus petits groupes.
A noter que la présence observée de juvéniles le long de la côte française monégasque laisse penser que des individus sédentaires y ont trouvé un lieu de vie.

Taille :  2 à 3 m de longueur pour 300kg – Maximum 5 m pour 684 kg (record).
Cette espèce de thon rouge peut vivre de 20 à 40 ans.

(1) – qui passe la majeure partie de leur temps en suspension dans la colonne d’eau.
(2) – qui vit en banc.
(3) – une espèce de cnidaire pélagique.

Retour de pêche au thon rouge, Port-Vendres 1987
Retour de pêche au thon rouge, Port-Vendres 1987

Autres espèces de Thons

  • Le thon rouge du PacifiqueThunnus orientalis (Temminck et Schlegel, 1844)
    Il a connu une forte régression principalement causée par la surpêche dans le années 2000. En 2014, l’UICN (1) le classe comme vulnérable.
  • Le thon rouge du Sud – Thunnus maccoyii (Castelnau, 1872)
    Depuis les années 1950 et l’accentuation de la pêche industrielle, l’espèce a été amenée au bord de l’extinction. Aujourd’hui cette espèce est classée «En danger critique d’extinction».

(1) – Union internationale pour la conservation de la nature.

Pêcher le Thon rouge

L’homme pêche le thon depuis le Néolithique, et fait l’objet de nombreuses traditions à travers la Méditerranée. Victime de la surpêche : 5 espèces de thons sur 8 sont aujourd’hui menacées (2018)

En pêche de loisirs, on change de niveau pour pointer vers la pêche au gros en bateau : à la traîne rapide, au broumé ou encore à vue et au lancer dans les chasses.

Pêche au gros avec l'Espadon Club Catalan, 2004
Pêche au gros avec l’Espadon Club Catalan, 2004

Annexe : La pêche au thon

La pêche au thon en 1950 Pêche dite à la madrague, pêche à la ligne sur la côte atlantique et pêche américaine à la sardine vivante.

Pêche à la madrague

1950 En Méditerranée, sur les côtes siciliennes, mais surtout sur les côtes tunisiennes, des installations dites « madragues » (1) ou « thonaires » attendent l’arrivée printanière des grands thons qui ont frayé dans les eaux chaudes de l’Atlantique sud-tropical. Les lignes de migrations sont constantes et les madragues sont bâties sur un point de la côte où ces lignes sont très proches du rivage, quelques centaines de mètres.

Des filets solidement ancrés ou des lignes de pieux sont établis perpendiculairement au rivage. Les bancs de thons arrivés sur l’obstacle, le longent et trouvent, à l’extrémité située vers le large, un passage à chicanes qui les conduit vers un dispositif en forme de nasse qu’on appelle « la chambre de mort », où ils restent enfermés. En somme, c’est, en plus grand, le principe des petits barrages de la Loire pour la capture des aloses et des saumons de montée, ou des filets dits « trappnetz » qu’emploient les pêcheurs du lac de Constance et surtout de l’Untersee, pour capturer les brochets lors de leur migration de fraye.

L’arrivée des thons

Sur un promontoire d’où il peut suivre les opérations, le patron de pêche, que, dans les thonaires tunisiennes telles que celles du cap Bon et du cap Zébib, on appelle le « raïs », observe l’arrivée des bancs de thons et décide du moment où il y a assez de thons dans la chambre de mort pour décider du jour de la mise à mort ou « matance ». C’est alors un spectacle inoubliable, sous le ciel bleu et sur l’eau indigo de la Méditerranée, que de voir les pêcheurs qui entourent la chambre de mort relever lentement les filets qui en tapissent le fond et les côtés. Les thons, énormes, de 50 à 300 kilos, se débattent, filent comme des flèches, sautent et se trouvent bientôt à peine à 1 mètre d’eau.
Alors commence le massacre.

Le massacre

Armés de crocs, d’anspects, de harpons, les pêcheurs excités, poussant des hurlements, harponnent les thons et les tuent à bord de leurs pontons. L’eau bouillonne, devient rouge du sang des victimes qui, accrochées, sont tirées par plusieurs hommes sous les éclaboussements, et assommés dans les barques. Pêche dangereuse où souvent des hommes sont précipités à l’eau, ont des membres cassés ou se blessent avec leurs armes.

Pêche à la ligne sur la côte atlantique

Il n’est pas possible, sur nos côtes atlantiques, de construire, en raison des marées, des pareilles installations fixes ; aussi la pêche au thon se fait-elle, de temps immémorial, à la ligne. Les pêcheurs basques et bretons y sont passés maîtres.

Au début de l’été, apparaissent dans le golfe de Gascogne les premiers thons qui viennent y pourchasser les bancs de sardines. Alors les pêcheurs de sardines de Saint-Jean-de-Luz, que viennent rejoindre les Bretons, abandonnent les sardines et, à bord de leurs petits bateaux, autrefois à voile, aujourd’hui à moteur, montent leurs lignes à thons.

Pêche aux leurres artificiels à la traîne

L’ancienne méthode est la pêche aux leurres artificiels à la traîne ; depuis deux ans à peine la méthode américaine de pêche à la sardine vivante a fait son apparition et a obtenu un succès foudroyant. Nous l’examinerons ensuite. La pêche à la traîne, toutefois, est celle qui est encore employée par beaucoup de pêcheurs bretons et encore quelques pêcheurs basques.

Une sorte de mouche avec un pompon rouge

L’engin le plus primitif est une sorte de cuillère, ou plutôt de grosse mouche artificielle ; autour d’un énorme hameçon robuste, de 5 à 6 centimètres de long, on attache des filaments de feuilles de maïs, ou, plus exactement, on prend la spathe qui les entoure et on la lacère finement en fibres longues de 10 à 12 centimètres qu’on attache autour de la hampe de l’hameçon ; c’est donc une sorte de mouche qu’on agrémente par un pompon rouge ou que l’on colore de teintes criardes. L’hameçon est attaché à un fil d’acier.

La touche est très brutale

Avec un petit bateau long de 8 à 10 mètres et portant de 7 à 8 marins et 4 ou 6 lignes, passées par des anneaux de vergues, le bateau marche à 4 ou 6 nœuds à l’heure, les lignes pèchent à 50 ou 60 mètres du bateau, et l’on part à la recherche des bancs de thons qui s’approchent parfois à 1 mille des côtes, mais qui, normalement, se trouvent de 3 à 10 milles des côtes. Les bancs de thons sont visibles loin par mer calme, car on les voit sauter, faisant de blancs moutons sur la mer généralement bleue.

La touche est très brutale, et le thon, halé de force par deux marins, est gaffé contre le flanc du bateau. Il s’agit, en général, de petits thons de 10 à 50 kilos, les thons plus gros étant plus rares et cassant souvent, thons vrais ou rouges et thons blancs ou germons, ces derniers parfois plus nombreux que les autres ; la pêche a été perfectionnée il y a une dizaine d’années par l’emploi de la grosse cuillère ondulante, longue de 15 à 18 centimètres et munie à l’arrière d’un gros hameçon soudé à la palette. Dans les deux cas, la pêche n’est efficace que si le bateau file de 4 à 8 nœuds.

Pêche américaine à la sardine vivante

Telle était la pêche au thon jusqu’à il y a deux ans, jusqu’à la révélation entraînée par la pêche américaine à la sardine vivante. C’est tout simplement la pêche au vif, bien connue des pêcheurs d’eau douce.

La principale difficulté, c’est de se procurer le vif, c’est-à-dire 200 ou 300 kilos de sardines vivantes par bateau de 8 à 10 pêcheurs ; actuellement, on n’a pas encore trouvé le moyen de garder la sardine vivante d’un jour à l’autre, et il faut la capturer le matin même de la pêche, ce qui retarde à midi ou quatorze heures le départ pour la pêche au thon proprement dite ; les sardines vivantes sont mises dans une sorte de vivier à trop-plein contenant 1 à 2 mètres cubes d’eau de mer, constamment renouvelée par pompage.

Des torpilles à deux mètres sous l’eau

Dès que le filet à sardines, dit « bolinch » à Saint-Jean-de-Luz, a capturé les 10 à 20.000 sardines nécessaires, le bateau part à toute allure vers le large. Enfin, un banc de thons est repéré ; le moteur arrêté, le bateau file sur son erre et arrive doucement au milieu du banc. Les deux appâteurs jettent des sardines vivantes et bientôt, sous le bateau, apparaissent, filant comme des torpilles à deux mètres sous l’eau, les fuseaux sombres des thons happant leurs proies. La ligne se compose d’un fil d’acier de 50/100 et de trois fils de nylon tressés de 50 à 75/100 avec un très fort hameçon qui reçoit la sardine vivante piquée dans le dos. La canne, longue de 4 mètres environ, porte attachée à sa base une forte corde lovée aux pieds du pêcheur, ou bien cette corde est attachée en haut de la canne et passe alors par une poulie avant de venir se lover sur le pont.

Le pêcheur descend alors sa sardine à 1 ou 2 mètres de fond, et c’est très vite la touche brutale. Pas question de sport avec le professionnel, le thon de 30 à 50 kilos qu’il tue représente environ 5.000 francs (2) qu’il s’agit de mettre dans son portefeuille au plus vite, car le banc de thons ne reste pas longtemps en place. Et, bientôt, un ou deux marins placés derrière celui qui tient la canne halent comme des sourds et, en quelques secondes, le thon voltige par-dessus bord ; si c’est un gros dépassant 40 à 50 kilos, il est gaffé au préalable et aussitôt assommé. La ligne est ensuite remise en place.

Les appâteurs jettent des sardines vivantes en abondance

Il faut changer la sardine toutes les deux ou trois minutes ; cependant, les appâteurs jettent des sardines vivantes en abondance pour fixer le banc de thons. Sur le coup, en vingt minutes, c’est vingt, trente, quarante thons qui peuvent ainsi être capturés, et bien souvent il y a autant de casse à bord avec la conséquence de deux marins qui s’affalent sur le pont.

Puis, très vite, le banc de thons a disparu ; il faut alors remettre en marche et partir à sa recherche.

Pour finir

Il est courant, à Saint-Jean-de-Luz, de capturer de 100 à 150 thons par petit bateau, soit 200.000 à 300.000 francs (3) de poisson pour un bateau de dix hommes. C’est une pêche harassante et, je le répète, il n’est pas question de sport. Les marins emmènent d’ailleurs rarement des amateurs, car la pêche au thon rapporte trop et il m’a fallu de nombreux appuis locaux pour pouvoir embarquer.

Nous parlerons de la pêche sportive du thon dans une prochaine chronique et des possibilités qu’elle offre aux sportifs qui, malheureusement, doivent être assez fortunés pour pouvoir la pratiquer.

LARTIGUE.
Le Chasseur Français N°640 Juin 1950 Page 345

(1) – Une madrague est un filet de pêche fixe, conçu pour la pêche de thons migrant régulièrement en longeant certaines côtes, en particulier des thons rouge.
(2) – 5000F en 1950 = 150 €
(3) – 200.000 à 300.000 francs en 1950 = 6000 à 9000 €

Convertisseur franc-euro | Insee
Il permet d’exprimer, sur la période 1901-2021, le pouvoir d’achat d’une somme en euros ou en francs.

Trois mille ans de pêche au thon dans les madragues andalouses. (www.meretmarine.com)
La madrague, almadraba en espagnol, est une forme de pêche au thon ancestrale qui survit sur le littoral atlantique andalou, à quatre endroits précis : Conil, Barbate, Zahara de los Atunes et Tarifa.

Vous aimerez également

Les poissons de mer
J’ai choisi de présenter les poissons de mer que l’on rencontre le long de nos rivages de France, en Mer du Nord, en Manche, Atlantique et en Méditerranée.
Lieu jaune, photographie prise à l’aquarium Estran, la cité de la mer - Dieppe, 2016

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à le partager pour informer vos proches.

Article publié initialement en 2004. Dernière mise à jour en 2014.
Les sous-titres de l’annexe ont été ajoutés par rapport au texte original.
Il constitue un outil de documentation pour la pêche de loisirs et n’engage pas la responsabilité du site.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.