Pêche à la palangrotte et le bas de ligne

La pêche à la palangrotte, une technique de pêche traditionnelle dans le Midi de la France pour la soupe de roche

 


Pêche à la palangrotte

Autres noms parfois rencontrés: pêche aux poissons de roche, pêche à la soupe, petite palangrotte.

Pêche à la palangrotte

Une technique de pêche traditionnelle dans le Midi de la France.

La pêche à la palangrotte est une pêche fine à soutenir qui se pratique à partir d’une embarcation mouillée au-dessus d’un fond rocheux ou d’une épave. Par extension, et avec un matériel adapté (canne longue), elle peut se pratiquer à partir du bord et en recherchant les tombants rocheux, nombreux dans les régions CAPA et Catalan.

Cette technique permet la capture des poissons de roche vivant sur la bande côtière de la Grande Bleue: girelle, serran, castagnole, vieille, rascasse. Ici, ce n’est pas la taille mais la quantité ainsi que la variété des poissons qui sont recherchés : Bouillabaisse [1] oblige !

Il existe un Championnat de France annuel et un Championnat d’Europe (pour tous renseignements, se rapprocher de la F.F.P.M.).


La "vraie" Palangrotte

Une technique ancestrale.

A l’origine, la palangrotte était - et l’est toujours - une ligne plombée, enroulée autour d’un plioir de liège, qui en action de pêche est manœuvrée à la main sans aucune canne à pêche. Notre pescadou [2] laisse descendre le plomb à la verticale, maintient le fil tendu, sent la touche et remonte le poisson sans emmêler la ligne ni se prendre les hameçons aux doigts.

L’usage d’une canne et d’un moulinet facilite grandement ce type de pêche.


Vers un matériel plus adapté

Cannes "palangrotte"

Les cannes "palangrotte" traditionnelles sont courtes : 1m à 1,80m. Elles sont réalisées pour les plus courtes en un seul brin, télescopiques pour les plus longues et d’une puissance de 10 à 60 grammes.
Corps de ligne en monofilament de 24 à 30/100.

Exemple de canne : Palangrotte 100 strong 130 (Geologic - Decathlon)

canne-palangrotte-decathlon.jpg

longueur poids encombrement puissance prix
1,30m 175g 1m 30 à 60g Environ 10€

Les cannes "palangrottes" de type buscle, à réserver aux spécialistes des pêches fines.

Planier 1 en action

La canne est munie d’un scion nommé buscle extrêmement sensible en fibre de verre et qui réagit à la moindre touche.
La gamme varie sur des puissances de 20 à 150 g selon les poissons recherchés et pour des longueurs comprises entre 1,80 m à 4,00 m, autorisant ainsi la pêche à l’aplomb des roches, quais et jetées.
Pour une polyvalence bateau + bord, la longueur ne devrait pas excéder 2,40~2,70 m.
Corps de ligne de 24 à 35/100.

Exemple de canne : Planier 1 (Appâts du Littoral - 566, chemin du Littoral. 13016 Marseille)
Canne pour le bateau, spéciale "moule à la pierre [3]" + spéciale pageot grand fond. Buscle interchangeable et double jeu d’anneaux SIC fournis. Carbone haut module, porte moulinet tubulaire à vis.

longueur poids encombrement puissance prix
2,10m et 2,35m 170g 0,93m 5 à 80g Environ 40€

Moulinets

Le moulinet est l’élément le moins important car on ne lui demande pas de lancer mais uniquement de pouvoir remonter la ligne. Il doit cependant être léger (moulinet léger ou mi-lourd), avoir un frein correct et pouvoir au moins ramener 70cm par tour de manivelle.

Pour exemple, j’utilise un bon vieux Shimano Alivio 6000F à environ 35€ depuis des années et à toutes les sauces (palangrotte, bouchon coulissant, bombette, leurre, surf léger).

Notes

[1] plat traditionnel marseillais originaire de la Grèce antique. Il se compose d’une soupe de poissons que l’on mange avec des croûtons de pains tartinés souvent aïllés, de rouille et de poissons servis entiers.

[2] pêcheur dans le Midi

[3] Technique de pêche marseillaise qui vise tout particulièrement la pêche de la dorade – le plomb est remplacé par une pierre sur laquelle est fixée une moule de même taille.


Bas de ligne Palangrotte

Le long du le bas de ligne sont placées à intervalle régulier plusieurs potences armées d’hameçon de taille 8, 10 ou 12. Elles peuvent être réalisées en fluorocarbone pour plus de discrétion, à partir d’un nylon sans âme pour un peu plus de rigidité ou encore un monofilament classique.
Le nombre de potences peut être porté à trois sans aucun soucis.

  • Diamètre du bas de ligne en nylon : 24 à 30/100,
  • Potence en nylon de 16 à 22/100,
  • Plomb palangrotte ou d’Arlesey de 15 à 50g.

- Les hameçons sont montés sur les futures potences en ayant soin d’allonger le nylon de quelques 30 cm pour pouvoir réaliser le noeud dans de bonnes conditions. Il est bien sûr possible de monter les hameçons après avoir monté les potences.

- La ligature des potences au bas de ligne est réalisée à partir du noeud de chirurgien.
Toujours commencer par le haut du bas de ligne (le plus près de la canne) car il faudra passer les brins (et tout particulièrement le bas de ligne) dans la boucle 3 à 5 fois, le second nœud 20 cm plus bas, etc. Ces potences sont orientées vers le haut afin de les maintenir écartées du bas de ligne. Un point de colle augmente la fiabilité de ce noeud reconnu non fiable avec des nylons de diamètres très différents.
L’inconvénient d’un tel assemblage est qu’il ne permet pas le remplacement des potences. Avoir plusieurs bas de ligne tout prêts dans son sac n’est pas un luxe.

Le noeud de potence est alors bien utile : les empiles sont alors interchangeables par un simple assemblage boucle dans boucle.

Lorsque les risques d’accrochages sont réduits, les émerillons pater-noster peuvent être utilisés, facilitant grandement le changement des empiles au détriment de la discrétion.

bas_de_ligne_palangrotte.jpg
 

Les appâts pour la palangrotte

  • vers de Corée (durs, demi-durs, américains),
  • moule,
  • morceau de poisson et tronçon d’encornet.

Action de pêche

Une fois les hameçons préparés, ouvrir le pickup et laisser descendre le plomb, bien à la verticale. Quand le plomb palangre touche le fond, fermer le pickup du moulinet et tendre légèrement le nylon de manière que le plomb lèche le fond (la ligne se tend alors d’elle-même). Le frein du moulinet est à peine serré juste ce qu’il faut pour que le poisson puisse tirer le fil.

Les touches, nerveuses, ne se feront pas attendre. Ferrer et remonter le ou les poissons. Un dégorgeoir n’est pas superflu.

Compte tenu de la configuration des lieux de pêche, le risque principal est l’accrochage du montage et des hameçons. Les montages les plus simples, exempts d’accessoires sont ceux qui limitent le mieux le risque d’accrochage mais pas celui, inévitable des hameçons.

Dans certain cas les hameçons s’emmêlent autour du bas de ligne, pour limiter ce souci remplacer les potences par des connecteurs de type rotoperles.


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